Le Scarabée
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Bill bande de travers !

par ARNO*
mise en ligne : 18 octobre 1997
 

La forme du vit présidentiel révèlera-t-elle un vice de forme ? La démocratie américaine part-elle en couille ? (et autres jeux de mots navrants)

Au fond, c’est peut-être ça, l’exception française : notre Président pourrait bien tromper sa femme, avoir un enfant naturel, il pourrait aussi piner comme un lapin dans les jardins de l’Elysée, se faire tailler un pompier par une professionnelle, sa femme pourrait en voir de toutes les couleurs (bleu, rose...) dans les soirées mondaines, sa fille serrer les mains sous les douches de l’équipe de France de rugby... je m’en tape. Ça ne m’intéresse pas de savoir s’il a la queue en tire-bouchon, la bite au cirage ou le membre vénérable, et ça m’intéresse encore moins d’en voir une photo en couverture d’un tabloïd.

En revanche, aux Etats-Unis (la plus grande démocratie du monde, pays de l’intelligence et du bon goût), la situation est très différente. Le président Clinton, lider maximo du monde libre, joue désormais sa représentativité démocratique sur la normalité de son chibre : « En terme de taille, de forme, de direction ou de tout ce qu’un esprit tordu voudra imaginer, le Président est un homme normal », explique son avocat Robert Bennet à propos du polichinel à Bill. Fort heureusement, les contacts entre un avocat et son client sont protégés par le secret professionnel, car on ne veut surtout pas savoir dans quelles conditions l’avocat Bob a pris connaissance des caractéristiques techniques de Bill.

Donc Bill est normal (ouf). Comme tout le monde. Droit dans ses bottes et le braquemart en face des trous. Comme dans le mythe de la Papesse, faudra-t-il faire soupeser systématiquement l’organe de l’élu, avant d’annoncer triomphalement : « Presidentus duo habet, et bene pendentis » (désolé, c’est du latin de cuisine).

Pourtant, malgré les propos rassurants de son avocat, Clinton serait doté d’une monstruosité génitale en guise d’outillage intime : d’après le Washington Times et le New-York Post (tabloïd), il souffirait de la maladie de La Peyronie (chouette, Clinton est francophile !). En language médical clair : il banderait de travers. On ne nous précise pas s’il porte à gauche ou à droite, s’il se situe au dessus des parties, s’il fait « oui, oui » du kiki ou « non, non » du jonc. On ne répond pas non plus à la question essentielle : « un popaul qui ne vous regarde pas en face est-il le signe d’un caractère sournois ? »

Le New-York Post exige donc des preuves supplémentaires : un nouvel examen de la chose politique, cette fois-ci en érection. Ainsi la seule façon de faire taire la rumeur, on l’a compris, c’est que Bill Clinton nous montre son porte-drapeau, triomphant et glorieux. 600 millions de témoins américains seront certainement suffisants... de quoi ranimer la fibre patriotique de l’Amérique !

Au fait, de quoi l’accuse-t-on, le Willy ? D’avoir exposé son anatomie à une anonyme Paula Jones dans une chambre d’hôtel. Ça c’est pas bien. Si l’on suit le N.-Y. Post, il l’aurait montré en direct et en prime-time sur CNN, en photo et en gros plan dans les tabloïds, ça aurait été un hymne à la grandeur des Etats-Unis : « tremblez, Saddam Hussein, Fidel Castro et autres tyrans, le gendarme du monde va sortir son gourdin ! »

Faudrait pas qu’il vise à côté...

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