Le Scarabée
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Kesk'y en a !

par ARNO*
mise en ligne : 16 octobre 1998
 

De plus en plus, k’y en a. Ça, faut pas s’laisser faire, hein, sinon y vont nous corrompre notre belle jeunesse, hein...

Ben mon colon, kesk’y en a ! On ferait des statistiques, mon billet qu’on en trouverait de plus de plus. Ça, on laisse faire, on laisse dire, on est trop laxiss’, du coup faut pas s’étonner si y’en a autant.

Tiens, l’aut’ jour j’étais au bistrot, hé ben tu me croiras si tu me crois, y’en avait deux, là, attablés. Et ça causait, ça causait, ouais, à haute voix. Il se cachent même plus, dis donc : au troquet ! Ouais, ouais, j’te dis, au troquet ! Avant c’est pas des choses qu’on aurait vu, ça.

Et pis tiens, encore, la semaine d’avant, dans la rue, y’en avait tout un groupe, avec des pancartes, avec leur musique de sauvages, y faisaient signer des pétitions pour comme quoi qu’il fallait qu’on soit d’accord avec eux, pour que les députés y leur donnent raison. Et puis quoi, encore ! Déjà qu’ils ont le droit de faire leurs saloperies dans le rue, kesk’y veulent de plus ? Nan mais y’en a qu’ont pas honte, là...

Moi, tu me connais, je suis tolérant, hein, les gens, y z’ont bien le droit de penser ce qu’ils veulent, y font bien ce qu’ils veulent. Mais chez eux. Dans leur chambre. Avec le verrou. Y’a des limites ! Passque ces gens-là, figure-toi, si on les laissait faire, ils feraient du prosélytisme, y feraient du porte à porte pour te convaincre de devenir comme eux. Faut faire gaffe avec ça.

Et puis toujours cette façon de venir te faire chier. Y sont même pas foutus de respecter tes convictions profondes. Un coup, j’étais en boîte, un gars est venu me brancher, tiens, je l’ai bien vu venir, celui-là, il en était. Ouais, c’en était un. Gros comme une maison, le plan bateau, il a essayé de me convaincre. Je sais pas ceki m’a retenu de lui en coller une, tiens. Même en boîte t’es plus tranquille.

Tu me connais, moi je m’intéresse pas à ceke les gens y font avec leur cul, hein, ça m’intéresse pas et puis après tout on est libres. Mais ces gens-là, c’est que des refoulés de la rondelle, leur truc c’est de savoir cekiss’ passe dans le calebut des autres. Et ils essaient de faire admettre leur façon de vivre à l’Assemblée... sans blagues ! Dans quel monde on vit, là ?

Et les enfants ! Tu te rends compte l’effet qu’ils ont sur les enfants ! Des gens comme ça, tu leur confies des mômes, hé ben à coup sûr ils deviennent comme eux, les pauv’ gosses. Ça c’est ignoble. Tiens, ça me fait gerber... des pauv’ gosses innocents. Moi je dis, et pourtant tu me connais, hein, hé ben moi je dis, quand ils s’attaquent aux enfants, tout le mal qu’ils leur font, c’est la vie qu’ils leur ruinent. En taule, je dis, moi, en taule, oui monsieur ! Ça, pas de pitié, je dis... des pauv’ mômes, non mais tu te rends compte !

Et la famille ! C’est quoi ce modèle de la famille qu’y veulent nous imposer, là ! Déjà qu’elle est mal, la famille française, y’en a de moins en moins, alors avec leurs conneries, elle aurait l’air fin, la famille ! Non, ça, faut pas s’laisser faire, hein !

Mais le pire, tu vois, c’ki m’dégoûte, c’est le vote sur le PACS, là. On en a appris de belles, là, hein, tu crois pas ? Elle est belle, notre classe politique. Ça, on s’est bien rendu compte : y’en a plein, même à l’Assemblée. Surtout à gauche, ça je savais pas, la claque, j’te jure, je savais pas. Les socialiss’, surtout, kesk’y en a, parmi les socialiss’. Jospin, ça va, t’as vu, avec sa femme, y peut pas en être ; mais les autres, pas croyab’, à croire qu’y z’en sont tous ! Ah ça m’a déçu, sûr, tu parles : les socialiss’, soit y z’en sont, et ils le disent même pas ouvertement, soit y z’essaient de leur faire plaisir, en douce, alors que nous on n’en est pas du tout, nous. Tu votes pour des gens, et tu découvres qu’y défendent ce genre de perversions... ah ça m’a déçu, tu peux m’croire.

Attends, j’en ai une bonne : là, quand j’entends ça, je dis « Erection, piège à con ! »... hein, kess’tu dis de celle-là, elle est bonne, hein, non ? Hein, hein, kess’t’en dis ? Hein, « érection », elle est bonne, hein ? Nan mais sérieux, tu te demandes pour qui tu votes, là...

Non, moi je te dis, et tu me connais, hein, je dis comme que je le pense, moi je te dis, la vraie plaie de nos sociétés modernes, c’est ces gens-là, ces tordus, ces obsédés, ces pas-normaux. On est trop tolérant, hein. On a été trop gentils avec ça.

Putain, kesk’y en a... c’est une vraie plaie, j’te dis, tous ces homophobes !

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