Le Scarabée
Masquer la pub

La publicité électrique ne pollue pas

par ARNO*
mise en ligne : 20 novembre 1996
 

Le Scarabée s’en prend à deux contre-vérités largement répandues.

Aujoud’hui, tir groupé. J’ai décidé de m’attaquer à deux splendides contre-vérités de plus en plus répandues dans les médias audio-visuels ; des médias jamais trop regardants sur leurs informations, surtout si elles vont dans le sens du commerce.

Première contre-vérité, tellement belle que ça en est émouvant : la voiture électrique est non-polluante. Pas de gaz d’échappement, donc pas de pollution. Excellente nouvelle : la Biélorussie sera ravie d’apprendre que les radiations ne constituent pas une pollution. De toutes façons, un charmant patron de centrale atomique française l’affirme régulièrement à ses visiteurs : « A Tchernobyle, ce n’est pas le nucléaire qui a tué, c’est le communisme ». En toute logique, puisque le communisme est mort, les déchets radioactifs de nos centrales sont devenus propres !

Alors on arguera que, d’accord, ça ne fait que déplacer le problème, mais au moins nos centre-villes sont épargnés. Sans doute respirera-t-on mieux, mais il faudra éviter l’eau du robinet. Bon oui, une voiture électrique contient des batteries, plein de batteries ; de véritables petites usines chimiques ambulantes !

Au fait, on vous a prévenu que le gaz utilisé pour gonfler les air-bags est hautement toxique ? Tant pis.

En clair, la voiture propre est aussi mythique que le moteur à eau. Mais si ça fait marcher le commerce...

Seconde grande contre-vérité géniale qui, après avoir contaminé la télé et la radio, atteint désormais le Net : le financement par la publicité permet d’épargner le porte-feuille de l’utilisateur, qui peut ainsi profiter de services gratuits. Sympa, mais faux, archi-faux ! Car la publicité n’est pas gratuite, elle est répercutée sur le prix des produits. C’est donc le consommateur qui paie la publicité, c’est une forme d’impôt.

Et qui plus est, cet impôt est le plus injuste possible : c’est le consommateur du produit qui paie à la place de l’utilisateur du média. Ainsi, alors que la redevance télé n’est payée que par les utilisateurs de télés, la publicité qui finance les programmes est payée par tous, même ceux trop désargentés pour s’offrir un poste : le RMIste sans téléviseur paie le lait plus cher pour financer le divertissement des autres.

Encore une fois, un si beau mensonge, c’est que ça doit faire marcher le commerce...

Allez, on nous prend vraiment pour des cons ! Ça aussi, ça doit faire marcher le commerce.

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